19.12.2008
Réveil, Résilience et Révolte
En écoutant les différents orateurs se succéder à la tribune de Reims, en novembre dernier, j'étais heureux d'entendre ce qu'ils pouvaient les uns et les autres nous dire sur les conditions de travail, le chômage, la crise, les discriminations, la pauvreté, la misère, la solidarité...avec emphase et colère. La crise venait de réveiller leur ferveur d'antan. Celle là même qui les avait, des décennies auparavant, poussé à adhérer et militer pour plus de justice sociale, le plein emploi, le droit de vote des immigrés, le tout au service de cette utopique mais haut combien salutaire quête d'un bonheur collectif et partagé.
…ces discours arrivaient trop tard, beaucoup trop tard...entre temps nous avions abandonné les plus pauvres, les plus démunis et trahi les classes moyennes. Et si la gauche reconnaîtra un jour les siens, elle aura besoin, au préalable, de se reconnaître elle-même. Si nous nous sommes oubliés dans les bras du pouvoir, les français, Eux aussi, nous ont oublié et nous oublieront le jour de voter mais ils se souviendront toujours que François Mitterrand a désindexé les salaires avant que les privatisations de Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn viennent définitivement trahir l’idéal de gauche.
Notre parti est dépressif, une dépression longue, chronique et contagieuse, qui entraîne dans sa spirale les supporters socialistes, balkanisés et réduits au rang d’aboyeurs, pensant que le seul soutien à leur poulain leur assurera au dépend des idées, un avenir professionnel.
Le parti socialiste n’a pas besoin d’ordre ni de discipline mais d’action. Le temps des diagnostiques est définitivement révolu…La France a besoin de médecins et ce dans tous les domaines, éducation, santé, social…
Alors, oui, aujourd’hui le contexte économique et social a changé, cette crise nous remet en selle, elle enterre aussi les thuriféraires de la sociale démocratie, radicalise notre discours par rapport à ce qu’il était et aurait toujours du être .Cela sera t’il suffisant pour que les français nous fassent à nouveau confiance ? Si Sarkozy a été élu sur un malentendu, le pouvoir d’achat, peut être le serons nous sur un slogan « le développement économique au service de l’homme » Mais, alors et je le dis en toute franchise, il faudra s’y tenir.
Je lance un cri à qui pourra l’entendre, avoir des idées politiques, n’est ni une question d’adaptation à l’air du temps encore moins de défense de ses propres intérêts, la politique peut être vertueuse quand elle est au service d’une idée, respectant la liberté individuelle, prônant la responsabilité collective et veillant à une juste et équitable répartition des richesses à travers le monde. Et si on ne peut rien contre la nature humaine, être honnête avec soi même et avec les autres est un combat quotidien. Il faut savoir reconnaître ses limites et prendre ses responsabilités. Quand ? Lorsque l’action devient littérature ou mensonge.
Je rejoindrai toujours les rangs d’une gauche de conviction et progressiste à la différence d’une gauche par intérêt et libéral
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