12.09.2009

living with the infidels



source Télérama
En cinq épisodes, Living with the infidels raconte la vie de cinq amis : Rezza le cool, Abdul le geek, Ali l'étrange, Uncle Mo et Omar... Tous partagent le même appartement, et le même « rêve » : accéder au Paradis et à ses 72 Vierges en perpétrant un attentat suicide dans la ville de Bradford. Rassurez-vous : des tâtonnements concernant le mode opératoire à l'enregistrement calamiteux de la vidéo de revendication, nos apprentis terroristes auront bien du mal à mettre leur plan à exécution. Surtout, incultes en matière de politique internationale et finalement sensibles aux charmes de l'Occident (incarnés, notamment, par le personnage d'Aby, l'aguicheuse voisine), ces antihéros ne cessent de se contredire... et de se ridiculiser. Bref, on est plus proche ici des Monty Python que de MI-5, la stressante série britannique sur les services secrets de Sa Majesté.

Outre-Manche, ces « Pieds nickelés chez Al-Qaida » (plus ou moins drôles, d'ailleurs) ont déclenché une violente polémique. D'un côté, l'association musulmane Ahmadiyya (qui compte des milliers de membres dans le pays) a protesté contre la mauvaise image des musulmans que véhiculerait le programme. De l'autre, des proches de victimes des attentats se sont scandalisés que l'on puisse faire de l'humour sur le sujet. La presse britannique a notamment rapporté les propos de Veronica Cassidy, dont le fils de 22 ans est mort lors des attentats du métro de Londres : « Qui trouve ça rigolo ? Si c'était arrivé à leur enfant, mettraient-ils autant d'ardeur à publier ces vidéos sur le Net ? »

En face, le créateur de la série,
Aasaf Ainapore, n'a eu de cesse de défendre sa démarche. Soutenu par des fans regroupés sur Facebook, cet ancien réalisateur de pub de 40 ans, élevé dans une famille musulmane, dit être très étonné de l'ampleur qu'a pris l'affaire. A la base, son projet (conçu directement pour le Web, vu la réticence des chaînes de télé à aborder ce genre de sujet) n'était motivé que par le désir de rire de la paranoïa post-attentats. Quoi de plus sain ? « N'est-ce pas une tradition britannique de se moquer de tout par le biais de la comédie ? », a-t-il expliqué, avant de poursuivre, convaincant : « La comédie éclaire certains problèmes et permet de s'attaquer aux préjugés. C'est seulement en ridiculisant les extrémismes que l'on peut espérer convaincre les jeunes musulmans de ne pas céder au fanatisme. » 

A VOUS DE JUGER ET DE SURTOUT VOUS FAIRE VOTRE PROPRE OPINION