09.12.2009
et Sarkozy créa Dieu
le tragique de répétition de Nicolas Sarkozy me permet de recycler cet article , écrit il y a deux ans maintenant...au moment du discours de Latran.
C’est tellement gros que je n’arrive pas y croire. Toutes les valeurs pour lesquelles nos aïeux se sont battus sont mises à mal par Nicolas $arkozy. Notre pays est en train de perdre sa spécificité et ses particularismes qui nous démarquaient des autres depuis le siècle des lumières ;Une forme d’anticonformisme teinté d’espoir aux champs des possibles aussi large que notre imagination puisse nous porter. Au lieu de cela, nous importons un système anglo-saxon rétrograde et dépassé, plagié par la nouvelle droite dont les influences culturelles, économiques et religieuses se sont emparées des lieux de pouvoir.
Le Discours du président de la République dans la Salle de la Signature du Palais du Latran en est une nouvelle fois la parfaite illustration. Les socialistes ont raison de défendre le bien fondé de la laïcité mais je me désole une nouvelle fois de les voir ronger un os, jeté sciemment par Nicolas $arkozy pour faire diversion. Si vous lisez l’intégralité du discours ce que je vous conseille par ailleurs on se rend vite compte que l’essentiel est ailleurs. N’oublions jamais que $arkozy n’est pas aux services de convictions mais sert des intérêts. Sa force, un discours qui dépasse toujours l’intérêt général et qui touche chaque français dans son for intérieur par sa capacité à émouvoir. L’individu, c'est-à-dire chaque français dans ce qu’il a de plus profond est un électeur potentiel qu’il faut entretenir, soigné, choyer au quotidien. A la défense de l’intérêt général, trop abscond à ses yeux et ceux des français, il préfère la défense des intérêts particuliers. Opposer la religion à la laïcité sans en avoir l’air, est une manière de faire mordre à l’hameçon les thuriféraires des principes de la république, en bref les hommes et les femmes politiques attachés et habitués à une autre praxis de la chose publique.
Pendant ce temps là que l’on apprécie sa manière de faire, le fond de sa pensée ou non, Nicolas $arkozy communique et personne, aujourd’hui, semble en capacité aussi bien dans l’opinion que dans la classe politique d’interférer dans ce dialogue privilégié qu’il entretient avec chaque français ou de tenir ce qui serait mieux, un discours concurrentiel, proposant un projet de société diamétralement opposé au sien. Nicolas $arkozy croit savoir et c’est sans doute là une de ses faiblesses comment fonctionne physiologiquement et psychologiquement l’être humain. Il a cette fâcheuse tendance de ce croire le détenteur de la vérité absolu et de projeter sur les autres sa vision de la réalité. Ses discours laissent toujours malgré l’apparente certitude de son propos, planés une certaine ambiguïté fondée sur une utilisation astucieuse et valorisée d’une chose et de son contraire. Par exemple, dans une même phrase il nous fait croire qu’il se fait le défenseur d’une idée alors que l’utilisation d’une conjonction de coordination ou d’une autre figure de style lui permet d’exprimer une idée d’opposition qui généralement traduit le fond de sa pensée.
« Dès lors la laïcité s'affirme comme une nécessité et oserais-je le dire, une chance. Elle est devenue une condition de la paix civile. Et c'est pourquoi le peuple français a été aussi ardent pour défendre la liberté scolaire que pour souhaiter l'interdiction des signes ostentatoires à l'école. Cela étant, la laïcité ne saurait être la négation du passé. La laïcité n'a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. »
Dans le plus parfait style $arkozy, ce dernier se fait le défenseur de la fille aînée de l’église en revendiquant en son nom, ses racines chrétiennes. Une manière pour lui de flatter une nouvelle fois la majorité des français qui statistique à l’appui sont catholiques.
« Au-delà de ces faits historiques, c'est surtout parce que la foi chrétienne a pénétré en profondeur la société française, sa culture, ses paysages, sa façon de vivre, son architecture, sa littérature, que la France entretient avec le siège apostolique une relation si particulière. Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. Et la France a apporté au rayonnement du christianisme une contribution exceptionnelle »
Il profite de l’occasion pour entretenir ses réseaux en essayant d’enrayer la chute de la pratique religieuse et glorifier la vie paroissiale comme par peur de l’influence des autres religions ou de l’athéisme. Ils ne se gênent pas non plus pour faire des comparaisons plus que provocantes entre l’engagement des prêtres et l’implication des enseignants.
« Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance »
Comment peut on dire de telles inepties et surtout ne pas les relever. C’est une insulte aux corps enseignants et à toutes celles et ceux qui font ce métier avec convictions. Pour elles et eux, il ne s’agit pas d’un sacrifice mais d’un dévouement naturel au service de l’intérêt général et de l’avenir de notre société. Au lieu de prêcher, Nicolas $arkozy ferait mieux de donner les moyens aux enseignants pour qu’ils favorisent au mieux la réussite de leurs élèves. En l’occurrence, il ne s’agit pas d’une question d’espérance mais de moyens humains et matériels à mettre à leur disposition.
Pour autant, je reste optimiste et quand bien même l’homme ou la femme providentiel dans l’opposition serait incapable de prendre sa place par les idées, les français et les françaises qui l’ont fait roi un jour, le déferont.
En attendant, revenons au discours de Latran et ce en quoi je crois être l’idée de fond de Nicolas $arkozy.
Pourquoi, Nicolas $arkozy souhaite t’il autant un retour à la pratique religieuse ? Pour la simple et bonne raison que « croire » permet d’affronter beaucoup plus facilement les affres, avanies et difficultés du quotidien. Dieu est pour Sarkozy un allié de circonstance dans cette croisade qu’il a décidé de mener au travers de réformes rétrogrades impopulaires et lourdes de conséquence sur le quotidien des français. La croyance relativise les épreuves de la vie et la magnifie au-delà de toutes difficultés. L’incidence des actes est alors minimisé car l’espoir est plus fort que la réalité. Pour $arkozy tout devient alors possible et avec l’aide de Dieu le désespoir peut alors être surmonté pour parvenir à la trasandance. Je ne remettrai pas mon avenir entre les mains d’un seul homme qui plus est s'il se considère comme le représentant de Dieu sur terre. La croyance est multiple et se respecte mais elle ne doit pas être utilisée au détriment de la responsabilité individuelle ou à des fins personnels.
A la conclusion de Nicolas sarkozy citant Bernanos je souhaite répondre par du Bernanos
Sarkozy : « J'ai offert ce matin au Saint Père deux éditions originales de Bernanos. Je veux conclure avec lui : "L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait. L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches. L'espérance est une vertu, une détermination héroïque de l'âme. La plus haute forme de l'espérance, c'est le désespoir surmonté. »
Cédric citant Bernanos"Je pense depuis longtemps que, si un jour les méthodes de destruction de plus en plus efficaces finissent par rayer notre espèce de la planète, ce ne sera pas la cruauté qui sera la cause de notre extinction, (...) mais la docilité, l'absence de responsabilité de l'homme moderne, son acceptation vile et servile du moindre décret publié. Les horreurs auxquelles nous avons assisté, les horreurs encore plus abominables auxquelles nous allons maintenant assister ne signalent pas que les rebelles, les insubordonnés, les réfractaires sont de plus en plus nombreux dans le monde, mais plutôt qu’il y a de plus en plus d’hommes obéissants et dociles »
Sarkozy, ton espérance n’est pas la notre.
Cédric
21:54 Publié dans Réaction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, identité nationale, sarkozy
26.09.2009
a-prague-benoit-xvi-fustique-les-ravages-de-l-ideologie-athee-et-du-communisme
Mais comment, un homme, représentant d’une autorité suprême religieuse peut être aussi méprisant et caricatural vis-à-vis d’un mode de pensée différent du sien. Bravo, un vrai message d’amour et de fraternité, que dis je un hymne à la différence. On se croirait revenu à l'époque de la sainte inquisition.
A l’heure où les églises de France se vident, où les tchèques à la différence d’autres pays du bloc de l’est ne sont pas passé du dogme communiste au catholicisme aveugle. J’en veux pour preuve un pourcentage plus élevé de tchèques se revendiquant athées (40%) que de catholiques (30 %). Le fait d’avoir un président philosophe (Vaclav Havel) y est sans doute pour beaucoup. La philosophie offre aussi une vision de la mort et de la vie qui semble offrir des réponses suffisantes à une majorité de tchèques. Mais que Benoît XVI se rassure, à Prague, il sera accueilli lors de son opération de rechristanisation par de nombreux supporters polonais et slovaques et peut être quelques tchèques.
Lorsque l’on en vient à stigmatiser l’autre pour sa différence, c’est l’on ne trouve plus en soi les réponses pertinentes et justes à ses questions. L’idéologie religieuse a ici atteint ses limites, en la personne de son représentant de comerce.
21:33 Publié dans Réaction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, religion, inquisition
19.09.2009
après le discours de Latran celui de Villejuif
11:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, religion

